J'écoute : le vent
Je regarde : la mer
Je lis : les lignes de la main
Je joue : à cache cache
Je mange : la vie
Je bois : la tasse, comme tt le monde (mais j assume)
Je cite : Nonobstant ma bonne volonté, c est avec concupiscence que je conchie les rustres, les pleutres, les goujats, les pisse froids et autres peines à jouir...
Je pense : trop
Je rêve : éveillé (insomnies obligent)
(mis à jour lundi 10 septembre 2007 à 17:25)

31/07/2007

31/07/07 - 17:12

Des fêtes des pères

C'est une après-midi torride ; humide et caniculaire. Vous avez cependant décidé de jouer qd meme avec votre père.
Les autres courts sont vides : apparemment personne n'a envie de jouer par cette chaleur suffocante.
Votre père et vous avez gagné chacun un set. Le score, lors du troisième set décisif est de six jeux à cinq.. Vous servez à 40-30 : balle de match. Le visage de votre père est tout rouge, sa respiration est haletante, comme oppressée.
Vous lui balancez un service qui doit frôler les 180 km / heure sur son revers. Il titube en grognant vers la ligne de touche et parvient tout juste à frapper la balle qu'il réussit pourtant à renvoyer.
Il gémit. Il s'est apparemment gravement tordu (peut-être même foulé ou, pire, cassé) la cheville. Sentant une diminution de sa mobilité, vous en profitez et vous expédiez un délicat amorti juste au-dessus du filet avec suffisamment d'effet rétro pour que la balle décolle à peine. Votre père revient difficilement du fond du court, en se tenant la poitrine avec une main. La raquette toujours dans l'autre. Il plonge vers la balle, tombe sur la surface asphaltée et brûlante : il s'arrache des morceaux de peau aux genoux et aux coudes. Cependant, ô miracle, il renvoie la balle au-dessus du filet, mais pas très loin de votre côté.
Vous décidez de profiter de sa fatigue générale évidente et de ses jambes blessées. Vous effectuez un lob au-dessus de sa tête. Cela l'oblige à reculer aussi vite qu'il peut afin de sauver le point, le set et le match. Dans l'air encore étouffant, vous pouvez entendre ses poumons siffler alors qu'il recule tant bien que mal, manquant de se mélanger les pieds. Il jette sa raquette vers la balle, réussissant un ultime lob inespéré qui renvoie la balle bien en hauteur : une configuration idéale pour votre smash de jeu, set et match gagnant. Décidément, il est coriace...
Vous ne quittez pas la balle des yeux, pliez les genoux et courbez le dos en préparation de ce point décisif. Vous remarquez tout de même du coin de l'oeil que votre père s 'est effondré.
Questionnement intérieur : renoncez-vous à votre smash gagnant pour sauter par dessus le filet et aller vite porter secours à votre père? Ou assenez-vous le smash, THE smash, remportant ce match durement livré, puis courez aider votre paternel étendu?

Vous vous rappelez que Niezsche a écrit :
"Qu'est-ce qui est bien? Tout ce qui accroît le sentiment de puissance, la volonté de puissance et la puissance elle-même en l homme. Qu'est ce qui est mal? Tout ce qui découle de la faiblesse? Qu'est ce que le bonheur? Le sentiment que la puissance augmente."
Vous décidez alors de frapper votre balle. Faisant ceci, vous gagnez ce match, votre match. Enfin, vous allez vite aider votre père qui gît à terre.
D'ailleurs, d'après les symptômes décrits (visage rouge, respiration laborieuse, douleurs aigues dans la poitrine), votre père vient apparemment de subir une crise cardiaque.
Il y a peu de chance pour que le temps nécessaire à remporter le match coûte beaucoup à votre père en ce qui concerne ses chances de survie.
Vous évitez que la dernière chose que votre paternel voit de vous soit un acte de sentimentalisme et de faiblesse abjects. En réfléchissant bien, cela procède aussi à régler votre complexe d Oedipe....

Vous frappez donc votre smash avec une férocité joyeuse et décuplée.
Vous avez gagné, votre père a perdu.
La victoire est bonne.
Vous êtes heureux.

commentaires

31/07/07 - 22:36

Eh ben, vous n'y allez pas de main morte !

01/08/07 - 01:56

hi hi hi
cruel, cynique, grinçant...^^

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