J'écoute : le vent
Je regarde : la mer
Je lis : les lignes de la main
Je joue : à cache cache
Je mange : la vie
Je bois : la tasse, comme tt le monde (mais j assume)
Je cite : Nonobstant ma bonne volonté, c est avec concupiscence que je conchie les rustres, les pleutres, les goujats, les pisse froids et autres peines à jouir...
Je pense : trop
Je rêve : éveillé (insomnies obligent)
(mis à jour lundi 10 septembre 2007 à 17:25)

12/02/2008

12/02/08 - 12:45

Quand'u ferru si face pisante, Quandu curaggiu vole fughje...

"Ils viennent de ces chemins
où les hommes et les femmes n'ont jamais eu qu'un coin du feu
pour y chanter la peine, l'amour et le travail.
Ils sont des gens du bord de l'eau et de la terre.
Là bas,
chez eux,
où la parole commence par le chant ;
là bas, où le vent de l'histoire des autres a souvent déchiré la paix sur leurs rivages,
leur laissant au coeur de vieux chagrins.

Ils viennent d'une mémoire qui n'est pas racontée sur les bancs des écoles,
de ces mémoires que seules les pierres racontent encore.
Ce qu'ils ont au coeur est sur leurs visages.
Les mots qu'ils disent sont des mots simples,
qui parlent de vie, de dignité.
Quand d'autres pourraient croire que chez eux tout est perdu,
Quand d'autres pourraient croire que chez eux tout s'est arrêté dans les veines de leur avenir.
Un jour,
un jour on leur a dit que leur langue n'en était pas une,
que leur terre était pauvre ...
Ils y ont consenti...
mais n'y ont jamais cru.

Dans les mains,
comme un geste d'amour du côté humble de la vie,
ils portent un bouquet de leur terre.
Dans les mains, ils ont aussi une lumière,
comme celle qui brille dans leurs maisons,
là où ils vivent, au coeur de ces petits villages de pierres grises.
Quand ils quittent ces châteaux là,
plus ils s'en éloignent,
plus leurs coeurs y font retour.

Mais ce qui les lie à leur terre ne les oppose pas à tout ce qui les lie aux hommes,
à tous les hommes,
à tous les peuples.

Parfois,
il fait nuit sur leur chemin.
Leur veilleuse tremble,
il leur arrive de tomber.
Et, chez eux, quand un homme tombe, quand une âme se perd, quand un coeur s'égare, d'autres lui donnent la main.
Chez eux, quand les hommes se taisent,
c'est qu'ils n'ont pas de mots pour le dire.
Les mots qui ne leur viennent pas danser sur les lèvres, s'en vont hurler au fond de l'âme.
Chez eux, le mot amour ne se dit qu'avec précaution,
mais il est partout dans l'air.
Il est des mots dont ils pensent que moins on les prononce, et plus ils se font entendre.
Comme une réponse à tout ce qui trahit...
Comme une réponse à tous ceux qui oublient... "


Ghjuvan Francescu Bernardini

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